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Réglementation18 février 2026·4 min de lecture

La DGCC malienne confirme que le prélèvement infrastructure de 1% s'applique aux transferts Wave

La Direction Générale du Commerce et de la Concurrence (DGCC) du Mali a publié en février 2026 un avis confirmant que le prélèvement infrastructure national de 1% sur les transferts Mobile Money s'applique à Wave Mali, mettant fin à un litige de conformité.

Contexte

Le Mali a introduit il y a quelques années un prélèvement infrastructure de 1% sur les transactions Mobile Money. La plupart des opérateurs (Orange Money, Moov Money) ont intégré la déduction dans leurs tarifs dès le départ. Wave Mali, qui se positionne sur un modèle de frais forfaitaire, avait adopté une posture opérationnelle différente.

Le modèle Wave et pourquoi il entrait en conflit

Wave est un opérateur Mobile Money basé à Dakar qui a agressivement sous-coté les acteurs établis dans toute l'UEMOA depuis 2020 avec un modèle de frais d'envoi forfaitaire à 1%. Le positionnement de Wave repose sur la transparence des prix et sur ce qu'il considère comme une complexité inutile des grilles MoMo traditionnelles. Le prélèvement infrastructure malien de 1% créait une tension : les frais d'envoi propres à Wave (1%) collectaient déjà une recette des usagers, et empiler le 1% gouvernemental aurait poussé le coût total au-delà du 1% forfaitaire mis en avant par Wave. Wave a réagi en absorbant ou compensant le prélèvement de diverses manières créatives en 2024-2025, une posture que la DGCC a finalement jugée non conforme.

L'avis de février 2026

Dans un avis publié le 18 février 2026, la Direction Générale du Commerce et de la Concurrence (DGCC) du Mali a confirmé que le prélèvement de 1% s'applique à tous les opérateurs Mobile Money licenciés, y compris Wave. L'avis clarifie une zone grise juridique qui persistait depuis 2025 et supprime l'asymétrie tarifaire au niveau opérateur.

Toile de fond politique

La politique fiscale et budgétaire du Mali a été turbulente depuis le coup de 2021, et les gouvernements de transition successifs ont priorisé l'élargissement du recouvrement des recettes intérieures pour réduire la dépendance au financement multilatéral. Le prélèvement infrastructure est l'un des principaux outils de recettes intérieures appliqués aux transactions numériques, et une application explicite de la DGCC contre les plus grands opérateurs est cohérente avec cette priorité d'élargissement des recettes. L'avis a peu de chances d'être inversé à court terme.

Silence du régulateur BCEAO

La BCEAO, banque centrale régionale, est restée notablement silencieuse sur le différend Mali-Wave. Le mandat de la BCEAO couvre la supervision prudentielle et le rail régional WAEMU PI-SPI, pas l'application fiscale directe, qui relève des autorités fiscales nationales. La Banque a signalé dans ses communications publiques qu'elle considère la conception des taxes et prélèvements comme une prérogative nationale dans le cadre UEMOA, même quand le résultat produit des conditions concurrentielles inégales entre opérateurs de la région.

Ce que cela change pour les usagers

Pour un transfert de 10 000 XOF, le prélèvement de 1% représente 100 XOF. Le modèle de frais forfaitaire de Wave Mali faisait que l'usager voyait avant un petit frais visible plus une possible compensation au niveau opérateur ; à partir de cet avis, les 1% sont explicitement détaillés. Le coût final d'un transfert portefeuille-vers-portefeuille Mali typique est essentiellement inchangé en valeur absolue, mais désormais affiché clairement.

Transfrontalier

L'avis malien n'affecte pas les transferts PI-SPI gratuits dans la zone UEMOA — PI-SPI se place au-dessus des tarifs opérateurs et utilise le rail régional BCEAO. Le prélèvement de 1% s'applique aux transferts internes au Mali et aux cas d'usage hors PI-SPI (marchand, gros B2B).

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MomoCalc Research Team · 18 février 2026

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